Jean Larregle, coordinateur Nou la fé, échange avec Guillaume Aubéry, Directeur général de Grand Sud Productions.


Introduction

Aujourd’hui, l’économie réunionnaise évolue. Au-delà de la production, ce sont aussi les services, les expertises et les synergies entre acteurs qui structurent durablement le territoire.

Avec l’ouverture récente de Nou la fé aux services, cette réalité est pleinement reconnue.

Pour en parler concrètement, nous avons souhaité croiser les regards : celui du label, et celui d’un acteur engagé du tissu économique local.


Jean Larregle :

Pour commencer, Guillaume, est-ce que tu peux nous présenter Grand Sud Productions et ton rôle aujourd’hui au sein de l’entreprise ?

Guillaume Aubéry :

Guillaume Aubéry, directeur général de Grand Sud Productions, entreprise familiale créée, à la Réunion, en 2002 pour assurer la fabrication et la distribution de boissons à base de fruits sous la marque Capri-Sun. Sur cette activité, nous sommes certifiés sur 3 référentiels ISO (9001, 14001 et FSSC 22000).

Depuis 2024, nous développons également une activité de torréfaction de café sous les marques Séga et Mokafé, en grains et en moulus.

 

J.L : Quels sont vos principaux réseaux de distribution ?

G. A : Nous distribuons nos produits aussi bien sur les réseaux de la grande distribution que sur les réseaux RHF (stations, snacks….)

J.L : Produire localement est souvent perçu comme un choix stratégique, mais aussi exigeant. Concrètement, qu’est-ce que cela implique au quotidien pour vous ?

G. A : En premier lieu, une grande fierté ! Ensuite, bien évidemment de nombreux défis logistiques, techniques qui demandent une remise en question constante de nos choix afin d’être le plus réactif possible.

Nous sommes convaincus que notre développement passe par notre implication dans la production locale. C’est d’ailleurs dans ce contexte que nous avons lancé l’activité de torréfaction de café.

J.L : La production locale se retrouve aussi dans un environnement concurrentiel ouvert. Quels sont aujourd’hui les principaux défis face aux produits importés ?

G. A : Garantir à nos clients que, malgré le fait que nous produisions en local, nous sommes tout autant compétitif que nos concurrents internationaux tant au regard du prix que de la sécurité alimentaire.

Le fait de produire localement nous permet de proposer un service de qualité et une réactivité bien plus importante que pour un produit importé. De plus, cela nous permet d’avoir une connaissance du marché local plus approfondie et de proposer des produits en parfaite adéquation avec les besoins et goûts des consommateurs réunionnais.

J.L : Vous êtes une entreprise labellisée Nou la fé. Qu’est-ce que représente ce label pour vous aujourd’hui ? Qu’est-ce qui a motivé votre engagement dans la démarche Nou la fé ?

G. A : Le Label Nou La Fé pour moi, valorise le savoir-faire local ; il prouve que nous sommes capables de faire aussi bien qu’ailleurs voire mieux !

De plus, il met en valeur notre impact positif pour l’emploi et valorise notre démarche RSE sur le tissu local (Impact environnemental, social et sociétal). 3 sujets qui me tiennent particulièrement à cœur.

J.L : Au-delà de cette reconnaissance, est-ce que cela a eu des effets concrets dans votre organisation ou auprès de vos équipes ?

G. A : Mesurer un impact concret est assez difficile mais les études démontrent que 59% des consommateurs sont sensibles au logo NLF lors de leur acte d’achat. Par ailleurs, au niveau de notre organisation, je note un fort sentiment d’attachement à cette démarche de mise en valeur de la Réunion de la part de mes équipes.

J.L : Aujourd’hui, Nou la fé évolue avec l’ouverture aux services. L’objectif est de mieux refléter la réalité de l’économie locale, qui ne repose pas uniquement sur la production, mais aussi sur un ensemble d’expertises et d’acteurs qui contribuent au fonctionnement des entreprises.

Comment réagissez-vous à cette évolution du label ?

G. A : J’accueille cette ouverture du label avec beaucoup d’espoir. Comme je l’ai dit tout à l’heure, ce label a pour vocation de mettre en avant le savoir-faire local (aussi bien productif qu’intellectuel) et un impact environnemental, social et sociétal positif à la Réunion.

Ainsi une entreprise de services peut tout à fait cocher l’ensemble de ces critères et donc rejoindre notre démarche !

L’union fait la force !

J.L : Justement, dans votre quotidien, les services jouent aussi un rôle important. Travaillez-vous avec des partenaires locaux pour accompagner votre développement ?

G. A : Bien entendu, chaque fois que cela est possible, nous privilégions un prestataire local. Cela fait partie de notre ADN et est même retranscrit dans notre charte éthique.

J.L : On voit bien à travers cet exemple que production et services sont étroitement liés. En regardant vers l’avenir, quels sont selon vous les prochains défis pour votre entreprise et plus largement pour l’économie réunionnaise ?

G. A : Le principal défi, à mon sens, sera la gestion des approvisionnements. Nous subissons depuis plusieurs années de nombreuses contraintes logistiques en lien avec le contexte géopolitique (Covid, guerre Ukraine, Moyen-Orient) qui impactent les entreprises réunionnaises mais aussi le pouvoir d’achat. Nous devrons donc faire preuve de résilience et de créativité pour permettre aux réunionnais de continuer à consommer local.

J.L : Et pour terminer, qu’est-ce qui te rend aujourd’hui confiant dans l’avenir du tissu économique local ?

G. A : Notre île regorge de talents et de force de caractère, à nous de les accompagner au mieux pour les faire évoluer.

J.L : Pour conclure, quel message adresseriez-vous aux entreprises réunionnaises de production comme de services qui hésitent encore à rejoindre le label Nou la fé ?

G. A : A toutes les entreprises qui partagent nos valeurs, rejoignez-nous et ALLON MET LA REUNION EN LER !

 


Conclusion

J.L : À travers cet échange, on voit bien que derrière chaque entreprise, il y a un écosystème complet : production, services, compétences, innovation.

C’est précisément ce que Nou la fé souhaite valoriser aujourd’hui. Une économie locale structurée, engagée et portée collectivement par celles et ceux qui la font vivre au quotidien.